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Benjamin Schoos dans Libération

Benjamin Schoos est en interview (3/4 de page) dans l'édition du 1 mars de Libération, à l'occasion de la sortie de son nouvel album Benjamin Schoos Night Music, Love Songs (Freaksville Music).


L'article original est disponible ici


Photo P. Schyns. Sofam

LEÇONS DE SCHOOS

Le Belge multicarte revient avec «Night Music, Love Songs», album pop classy, entre Satie et Henri Salvador.

Avec le changement pour seule constante, le Belge Benjamin Schoos est un monstre à part dans la chanson française - moins par sa nationalité que pour la cocasserie des techniques qui, éclairant son œuvre, prolifèrent. «Je pratique l’auto hypnose pour produire et écrire, j’ai appris ça avec le training autogène du Dr Schultz», expose-t-il en présentant son nouvel album pour lequel il s’est mis dans «un conditionnement mental qui n’est pas le sommeil, mais fait appel à des zones du cerveau où l’espace-temps disparaît».

A 38 ans, dont 20 au service de la musique, il a osé toutes les identités, y compris celle de participant hardi à l’Eurovision en 2009 pour représenter sa Belgique avec une chanson écrite par Jacques Duvall, grand parolier qui a rejoint le label créé en 2006 par Benjamin Schoos à Seraing. «Je viens d’une zone qui ressemble au nord de l’Angleterre : Freaksville Records est né dans ce décor des frères Dardenne et dans ce milieu-là, il faut se booster», explique-t-il. Et ça a souvent payé : l’admirable duo Je ne vois que vous, chanté avec Laetitia Sadier de Stereolab, a fini en haute rotation sur les ondes britanniques grâce à BBC Radio 6 Music et ouvert la possibilité d’une longue tournée. Outre ce succès, la vie de Schoos est un collage d’activités «curieuses» : ex-ventriloque à la radio, illustrateur dans des fanzines, DJ sur sa webradio Rectangle, bricoleur de pop lo-fi pour Miam Monster Miam, il s’apprête aussi à sortir un nouvel album avec The Loved Drones, formation garage aux synthés fous qui a accompagné aussi bien Lio que Damo Suzuki, voix du groupe Can.

Ces mêmes claviers sont aujourd’hui mis au service d’une pop plus cérémonieuse, pyjama de satin de rigueur, sur Night Music, Love Songs,le quatrième album solo du polymathe lo-fi. Tandis qu’en 2014 le disqueBeau Futur mettait à profit des nuits passées scotché devant des VHS de SF pour un big bang electro avec des voix féminines chouchoutées, ce nouvel album de ballades vespérales chatouillera plutôt les amateurs de Satie et de crooners français, avec l’appui du discret mais émérite Dodi El Sherbini sur certains textes. Son chant très soigné est le fruit d’une technique vocale basée sur le diaphragme, digne d’Henri Salvador qu’il affectionne. «J’ai une part de dandy mais suis aussi un peu potache, je suis belge, les gens qui me rencontrent pensent que je suis amusant. J’ai un côté un peu humble d’être né dans d’une ville très dure. J’ai toujours porté un costume là où les autres s’habillent de façon plus sportive, et j’ai d’ailleurs mis un jean pour la première fois pour mes 27 ans»,confie-t-il simplement.

Sensualité contrôlée sur N’enlève pas tout, mégalomanie assumée surle Maître du monde : les claviers cotonneux et les saxos étouffés forment des chansons oreillers au message pas toujours tendre : «Je me plonge dans l’âme de quelqu’un qui est un peu parano, j’ai toujours été attiré par les personnages de salopard», justifie-t-il. Se téléportant sur leTitanic, son smooth jazz sert le récit d’un homme qui se grime pour embarquer avec les femmes et les enfants d’abord : «Me dandinant sur mes hauts talons, je deviens roulure, poule de salon […]. Le grand paquebot va sombrer avant minuit, et moi je vais virer de bord»,chante-t-il d’une voix qui puise dans la glotte, puis devient déplanante dans un hybride de Castafiore et de Polnareff. On pourrait le prendre pour un cousin belge de Sébastien Tellier, mais l’équilibriste accomplit son numéro avec sérieux : «Quand je fais un tour de chant, j’essaie de chanter de la manière la plus belle, je mêle de moins en moins le second degré à la musique, j’aime que les choses soient pures. Cet album ne fonctionne que parce qu’il y a une sincérité, sans quoi on tomberait dans le lounge.»


Benjamin Schoos

LABEL
Freaksville Records
www.freaksvillerec.com 

PRESSE
benjaminschoos@gmail.com

WEB
benjaminschoos.co.uk